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Développement durable, développement soutenable...

La vision que porte la Fondation est celle d'une société soutenable, une société « générations futures admises ».

Une société qui persiste et prospère, qui offre une grande qualité de vie pour tous ses habitants, de manière juste et équitable. Une société où les besoins de tous sont satisfaits, maintenant et demain, en respectant les limites des écosystèmes et ressources naturelles, dont toute vie dépend. Une société où les citoyens gardent la maîtrise démocratique du choix de leurs modes de développement.

Un développement soutenable ?

La vision de la Fondation, ainsi que la mise en œuvre de sa mission, font référence au développement soutenable et aux valeurs sur lesquelles celui-ci s'appuie et auxquelles la Fondation adhère.

Par «  développement soutenable », nous entendons «  un développement qui répond aux besoins des générations du présent sans compromettre la capacité des générations futures à répondre aux leurs » (1).

Le terme développement met l'accent sur le concept de satisfactions des besoins de tous, avec une attention particulière pour les plus démunis. Le terme soutenable met quant à lui l'accent sur les limitations que l'état de nos techniques et de notre organisation sociale impose sur la capacité de l'environnement à répondre aux besoins actuels et à venir.

Une approche globale, à 360°

Approche à 360° : les 4 P

Un mode de développement soutenable doit, dans ses choix et pratiques, adopter une approche globale, systémique, à 360°.

Il s'agit de conjuguer simultanément et harmonieusement 4 dimensions ou "4 P" : sociale (People), environnementale (Planet), prospérité notamment économique (Prosperity) et organisationnelle (Participatory governance).

L'impact (d'un comportement, d'un projet, d'une décision, d'une politique...) sur ces dimensions est apprécié à la fois dans l'espace (ici et ailleurs, chaque habitant de la planète ayant le même droit humain aux ressources de la Terre) et dans le temps (les générations actuelles ont le droit d'utiliser les ressources de la Terre mais le devoir d'en assurer la pérennité dans le long terme pour les générations à venir).

Les "4P" d'un développement soutenable
L’environnement (Planet )
Impact sur l’environnement et le cadre de vie, climat & gaz à effet de serre, utilisation rationnelle de l’énergie, respect de la nature, biodiversité, déchets et pollutions, utilisation prudente du territoire…
L’humain (People )
Responsabilité sociale et éthique, accessibilité au plus grand nombre, équité sociale, santé, cadre de vie, liens sociaux et convivialité…
La prospérité (Prosperity )
Approche en coût global et viabilité économique sur le long terme, performance au niveau collectif et pas seulement individuel, financement innovants, échanges et ressources non monétaires…
La participation (Participatory governance)
Transparence et pédagogie, prise en compte des besoins et aspirations de toutes les parties concernées et participation de ces groupes au processus de décision…

Cette approche transversale s'appuie sur des valeurs.

Il importe selon la Fondation que les alternatives porteuses d'un développement soutenable soient, tant dans leur fond que dans leur forme, acceptables, viables et supportables par la population. Sans cela, elles n´ont aucune chance d´être appliquées à long terme et ne seront pas porteuses du changement escompté. Il s'agit de permettre à chacun d'être impliqué et valorisé dans la définition et la construction de perspectives.

Développement durable ou développement soutenable ?

Le terme «  durable  » (développement durable) reflète moins que «  soutenable  » cette préoccupation de viabilité pour, et acceptation par, la population. C'est pourquoi la Fondation se réfère davantage au «  développement soutenable  ». Elle utilisera néanmoins de manière indifférenciée ces deux appellations - durable et soutenable  - de façon à ne pas alimenter de querelle sémantique.

La Fondation s'inscrit résolument en faux contre une utilisation dévoyée de l'expression développement soutenable (par exemple, lorsque certains parlent de manière par trop restrictive de croissance durable).

Valeurs sous-jacentes

L'ensemble des valeurs exposées ci-dessous sans ordre de priorité recouvrent le concept de développement soutenable. La Fondation fait siennes ces valeurs.

Valeur d'humanité : Ses indicateurs sont le respect, la solidarité et l'équité entre les hommes et entre les sociétés ; le respect de la nature et du vivant ; la possibilité pour chaque être humain d'aujourd'hui et de demain de disposer de l'essentiel et d'avoir une vie digne. Elle est donc aussi tournée vers une justice sociale qui accorde notamment la priorité aux besoins des plus démunis.

Valeur de citoyenneté : par cette valeur, il s'agit de (ré)apprendre que chaque homme est citoyen du monde, habitant d'une terre unique et membre de la communauté humaine. Cette citoyenneté ne peut se concevoir sans accroissement des capacités individuelles et collectives de participation aux processus de décision collective (démocratie active) relatifs notamment aux problèmes de développement humain et d'environnement.

Valeur de responsabilité : individus, associations, entreprises, médias, Etats et organismes internationaux sont co-responsables de la construction d'une harmonie des sociétés et des hommes entre eux et avec leur milieu, et donc du destin de l'humanité. Le standard de vie occidental et le niveau de prélèvements et de rejets qui y sont liés est insoutenable et non reproductible à l'échelle de la planète. Cela entraîne l'obligation pour les tenants de ce standard d'une profonde modification des comportements.

Valeur de sauvegarde : la Terre léguée par nos ancêtres n'appartient pas à nous seuls, nous la devons aussi aux générations futures. Dans leur réponse aux besoins du présent, les sociétés humaines doivent respecter les limites et les rythmes des écosystèmes, afin de ne pas compromettre la capacité des générations futures de répondre aux leurs.

Valeur de prudence et principe de précaution : l'évaluation et la maîtrise des risques présents et futurs doivent être acquises avant la mise en œuvre de nouveaux produits ou techniques. En cas de risques environnementaux graves, l'absence de certitude scientifique ne dispense pas de prendre des mesures préventives.

Valeur de diversité et valeur de créativité : la diversité des cultures et du vivant est un patrimoine commun à préserver, tout comme les ressources humaines de créativité et de capacité d'entreprendre au service des besoins d'aujourd'hui et des défis de demain trop souvent inexploitées ou même brimées par l'uniformisation de la société moderne et de ses systèmes d'éducation, mais aussi par le sous-emploi de ces capacités humaines via un chômage forcé répandu dans les sociétés tant du Nord que du Sud.

 
(1) Définition proposée en 1987 par la Commission mondiale sur l'environnement et le développement dans le Rapport « Notre Avenir à Tous  », dit « Rapport Brundtland », soumis à l'Assemblée nationale des Nations-Unies en 1987.
Le Sommet de la Terre (Rio de Janeiro - 1992) met en lumière l'insoutenabilité du modèle occidental de développement. La préoccupation économique exclusive pratiquée depuis quelques décennies engendre des dégâts environnementaux et sociaux considérables dont l'étendue se révèle progressivement. Des dégâts qui, à terme, infléchiront notre niveau de vie et qui, plus grave encore, hypothèquent gravement le potentiel des générations à venir.
Un tel développement porte les germes de sa destruction. Il n'est pas soutenable. A ce même Sommet de la Terre, la Communauté Internationale adopte le concept de développement soutenable, véritable projet mondial pour le XXIe siècle.
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